La chute de 'Comrade Bob', dorénavant ex-président du Zimbabwe, 93 printemps, est une bonne nouvelle à au moins deux titres.

D'abord pour ses concitoyens privés de liberté, d'opposition politique et appauvris par une économie effondrée par la mauvaise gestion, la corruption et l'apartheid anti-blancs mené depuis 10-15 ans. Sans la Chine et l'Afrique du Sud, peu regardantes, le régime serait tombé il y a belle lurette.

C'est toujours triste de voir un authentique combattant se muer en dictateur acharné à se maintenir au pouvoir. Véritable 'Che' dans les années 50 et 60, emprisonné entre 1964 et 1974, son aura et son patriotisme en faisaient une figure de proue en Afrique Australe digne de fréquenter les Mandela, N'krumah ou Kenyatta.

La communauté internationale malgré l'écrasement dans le sang de l'opposition, avait eu un un faible pour Mugabe après le décollage brillant du pays dans les années 80 et une cohabitation paisible entre noirs et blancs. Mais sa vieillesse fut un naufrage et la pusillanimité de l'Union Africaine à son égard bien coupable. Je fiche mon billet qu'elle n'aurait pas bronché si 'Gucci' Grace ou Dis-Grace, la 'Cruella' du Zimbabwe avait succédé de manière ubuesque à son vieillard de mari, comme on pouvait le craindre. Elle aura fini par faire chuter son époux qui promettait de fêter ses cent ans au pouvoir !

Ensuite, une bonne nouvelle pour l'Afrique. Évidemment, tous les dirigeants qui approchent les quarante ans de pouvoir sans discontinuer vont s'inquiéter (Guinée-Équatoriale, Congo,  Cameroun...) même si les exemples du Gabon, Togo ou Angola n'incitent pas à l'optimisme.

Car le rôle de l'armée dans cette démission forcée est assez encourageant et porteur d'espoir. Soucieux de ne pas endosser le rôle de putschistes, mais plutôt celui d'arbitres, les militaires se sont rangés habilement derrière l'homme fort du pays, le vice-président Mnangagwa, compagnon d'armes de Mugabe dont la forte légitimité y compris à l'étranger, va faciliter le transfert de pouvoir. On pourrait imaginer que cela donne des idées. Mais il y a peut-être là un héritage du Commonwealth, un certain 'juridisme' observé avant la violence.

Je viens de lire (cela n'a pas beaucoup de rapport!) que les militaires américains pouvaient refuser d'obtempérer si Trump décidait en dix minutes  sur un coup de tête de détruire par le feu nucléaire tout ce que l'humanité a créé en 70 000 ans.

Alors vive l'armée !