Le numéro un des télécoms français réunit maintenant les principaux atouts nécessaires pour faire irruption avec quelque succès dans le monde feutré des Big 7 (BNPP, SG, CA, BPCE, CMCIC, HSBC et BP) :

un nom et une marque reconnue
une licence bancaire (gagnée de haute lutte contre les lobbies)
un fichier clients considérable (> 20 millions) pour des ventes croisées (banque/ telecom) et un réseau 'brick and mortar' de plusieurs centaines de boutiques pour accompagner la clientèle rétive au 'tout online'
les tuyaux (cables, fibres, ondes, antennes, émetteurs...) sur tout le territoire
une maitrise en progrès constant des technologies de l'information (en interne ou par acquisitions) : authentification, big data, blockchain, IA...
...
Si on ajoute une expérience africaine spectaculaire d'opérateur virtuel de paiements, quoique non totalement transposable sous nos latitudes, Orange apparaît ainsi beaucoup mieux armée que les banques en ligne, encore dans le rouge et peinant à trouver leur business model.

Sera-ce suffisant pour mordre les mollets des groupes créés à la fin du 19e siècle ?

Si le nouvel arrivant devrait se tailler rapidement une part de marché dans les paiements 'retail' pour le grand public sur la base d'une quasi gratuité, une coexistence modeste avec les majors sera le scénario plus probable sur les vrais sujets de revenus (PNB) autour de la construction d'une offre bancaire digne de ce nom et rentable, et là tout est à faire ou presque :

le crédit (consommation, immobilier.,) le dernier arrivant ne ramassant jamais le dessus du panier, plus sûrement les provisions,
l'épargne, basée sur la confiance, le conseil, la liquidité, la confidentialité, la sécurité...et la rémunération !
la clientèle entreprise.
certaines opérations simples de marché de capitaux (bourse, change...)...
et bien sûr, la confiance, la légitimité et la rentabilité à bâtir progressivement.

Les prochains mois seront donc passionnants... avant l'arrivée d'autres opérateurs 'non bancaires' et bien sûr, la réaction des 'Big 7' !