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Qu'est ce qu'une crise financière ? un déplacement massif et soudain de capitaux d'un secteur (bulbes de tulipes, assignats, emprunts russes, actions, obligations, prêts subprimes, dettes de pays émergents...) vers d'autres actifs financiers refuges du moment.

Quand se déclenche t elle ? quand un acteur du marché considéré décide que les prix sont trop élevés et siffle la fin de la récréation. La bulle éclate alors, les prix des actifs et des passifs fluctuent fortement et les derniers investisseurs entrés sont piégés. Il peut y avoir ensuite propagation à l'économie dite réelle.

On vivra toujours des crises. C'est un mode de régulation des excès comme un autre. On ne sait pas quand elles interviendront ni où, mais on sait que leur fracas sera encore plus assourdissant qu'en 2008 en raison des liquidités gigantesques déversées par les banques centrales (Fed, BCE, Banque du Japon, d'Angleterre ou de Chine), année après année.

La dernière crise s'éloigne dans le temps, bientôt 10 ans, une éternité en finance. 1982 (Mexique, Argentine), 1987 (obligations USA), 1997-98 (Asie, Russie), 2000 (internet, Enron), 2007-08 (subprimes)....20xx???

Autant dire que les bulles constituées grâce à des taux d'intérêts ridiculement bas voire négatifs ne devraient pas tarder à se rappeler à notre bon souvenir (cartes de crédit, prêts étudiants, immobilier (eh oui!), obligations, pays émergents suite à des problèmes géo-politiques), le plus probablement en provenance des USA au moment où l'éxécutif trumpien encourage le régulateur à détricoter les contraintes péniblement mises en place depuis 2000 (Loi Sarbanes-Oxley et Dodd-Franck).

Les garde-fous installés depuis les excès des années 2000 sembleront dérisoires au moment du désastre même si les bilans des banques ont maigri et les capitaux propres ont été renforcés. Mais les paradis fiscaux sont toujours en place, les agences de rating et leurs conflits d'intérêts, restent incontournables, les activités de marché et de clientèle n'ont pas été séparées malgré les tentatives des politiques, le shadow banking (entités financières non régulées) prospère... et la cupidité et l'argent gratuit achèvent d'allumer la mêche ! Un bon cocktail !

Une banque aujourd'hui préfère laisser ses liquidités à la BCE et payer un intérêt que de prêter massivement à l'économie créatrice d'emplois. Les PME à la recherche de prêts bon marché se les voient refuser, prêts insuffisamment rentables pour les banques ou PME jugées trop risquées. Les épargnants s'arrachent les cheveux (le livret A et l'assurance vie ne rapportent plus rien) et se sentent spoliés.

Seul l'Etat y trouve son compte. La France emprunte en effet à 10 ans à 0.60%, autant dire que son budget bénéficie à plein de la réduction des frais financiers mais du coup, sa motivation à réduire sa montagne de dettes (2 000 millards €) et à réformer est largement émoussée.

L'inflation est certes jugulée depuis de nombreuses années (sous les fatidiques 2%) mais l'économie française n'en profite pas vraiment, pas plus que du niveau des taux, du pétrole bas, de l'euro affaibli face au dollar (les exportateurs hors zone euro).

Bref, la situation monétaire actuelle est ubuesque et bloquée ! Dès que les taux remonteront, les investisseurs à taux fixe (obligataires, assureurs-vie) verront leurs portefeuilles laminés. Autant dire que ce n'est pas pour demain malgré la timide remontée des derniers mois aux USA ( 0.25%).

Embrassons-nous, Folleville, la reprise est générale en Europe !