L'escarmouche entre el guerillero Melenchón et le révolutionnaire à la retraite Cohn-Bendit dimanche soir en direct était saisissante à plus d'un titre.

Deux personnalités aussi denses et pittoresques à la fois du PPF et du PAF nous promettaient une empoignade virile. Que nenni, de baston il n'y eut point.

Mélenchon, tout frais revenu de la plaza de la Bastilla ou de la Republica où il avait rendu hommage au Lider Maximo cubano, commentait benoitement le résultat de la primaire à droite.

Soudain, Dany le rouge devenu vert (clair) l'interpella : "Jean-Luc tu....". Mélenchon vit rouge, une habitude chez lui et demanda in petto au malotru de lui donner du "Monsieur Mélenchon" et du vouvoiement. Non mais...!

Cohn-Bendit se drapa tout de go dans sa dignité et lui dit grosso modo" va te faire f.. . Je ne te parle plus dans ces conditions !"

Toute l'ambiguité est là. Les français veulent un langage simple et direct de la part de leurs élus. En revanche, ils détestent la connivence du microcosme politique. Toutes les têtes d'affiche se connaissent par coeur, bien sûr, pour avoir travaillé ensemble ou polémiqué sur les plateaux télé depuis des décennies. Personne n'est dupe.

Au même moment, paradoxe, les chefs de la droite qu'on aurait pu imaginer policés et coincés se donnaient du "Alain", du "François" et du tutoiement.

Alors Cohn- Bendit est-il un mal élevé doublé d'un mauvais coucheur ? El Melenchón, revenu de Caracas et de la Havana a t-il las chevillas enfladas?

Pas si sûr ! Mais au lieu d'un choc de titans sur la barricade, on n'eut qu'un flop entre deux gamins boudeurs au grand dam de l'intervieweur blond.

Chacun d'applaudir alors: "Bien fait pour les médias" toujours prêts à enflammer le débat par des castings abrasifs.

Morale de l'histoire : ne pas mettre deux fauves dans la même cage pour faire de l'audimat. L'ego peut tuer le combat.