Rien de tel qu'un été torride et une pré campagne présidentielle pour échauffer les esprits.

A-t-on jamais vu sujet plus ridicule enflammer l'opinion publique, le web et surtout les politiques que cette querelle du burkini ?

D'abord qui connaissait le burkini, combinaison (si j'ose dire) de la burqa et du bikini ? je le confesse, pas moi!

Ah si Sonia Rykiel nous l'avait tricoté en maille avec des rayures multicolores, on n'en serait pas là !

Quand on est paresseusement étendu sur le sable, en petite tenue, toute cette agitation de gens habillés (femmes couvertes, policiers en tenue...) donne chaud et est incompréhensible.

La mer, les vacances sont synonymes de liberté. Aller quereller sur des choses aussi futiles montre à quel point notre vieille société est à bout et se cherche. Nous sommes la risée internationale.

Arrêter, décréter, légiférer sur un vêtement n'a aucun sens. Où et quand s'arrête t on ? A partir de quoi l'ordre public est il menacé ?

Le Conseil d'Etat, espérons le, vient de siffler la fin de la récréation en tirant l'oreille d'édiles un peu surmenés et annonce un retour aux sujets sérieux.

Hommes grenouilles, surfeurs frileux, religieuses à la plage, prêtres et rabbins en soutanes, grand-mères revêtues de fichus et vastes robes ne pourraient plus peupler nos littoraux ? Je me souviens de mon père et de mon oncle, allergiques au soleil, qui allaient nous déposer à la plage et restaient quelques minutes en costumes cravate et chapeau !

Sea, peace and sun ! Laissons chacun s'habiller et en premier lieu, les femmes, comme ils/elles l'entendent. A chacun sa pudeur, son confort vestimentaire.

Ce message vaut aussi pour l'autre côté de la Méditerranée où quelques maniaques exacerbent les passions et stigmatisent les femmes en bikini sur les plages du Maghreb. Tout cela participe du même obscurantisme et nous détourne du seul combat qui vaille, la lutte contre le terrorisme que ces polémiques invraisemblables nourrissent.

Tant qu'il y aura des gens pour penser que quelques décennies ou siècles d'occupation d'une parcelle de sol valent propriété exclusive, définitive et xénophobe alors que l'histoire du monde n'est que migration incessante, que certaines cultures sont supérieures aux autres, que la couleur de la peau a une incidence sur quoi que ce soit, alors nous aurons des poussées de fièvre périodiques. A charge pour nos élus d'apaiser, de raison garder et non d'attiser.

Les grincheux parleront de nouvel empiètement, de lâche abandon. Laissons le burkini tranquille et occupons nous plutôt du Burkina, de nos frères africains qui souffrent en toutes saisons.